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Celtic Tattoos Designs
Langue:Français

Les anciens Celtes avaient-ils des tatouages ? Ce que disent vraiment les preuves

Peut-être, mais personne ne peut le prouver. Aucun corps celte tatoué n'a survécu, et les témoignages écrits viennent d'observateurs extérieurs, romains ou plus tardifs, qui décrivent de la peinture, des marques sur la peau, ou les deux.

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La réponse courte

Certains habitants de la Bretagne de l’âge du fer ont très bien pu marquer leur peau de façon permanente. Des auteurs romains et plus tardifs l’affirment. Mais il n’existe aucune preuve archéologique directe qu’un peuple celte ancien se soit tatoué, et les descriptions dont nous disposons sont brèves, de seconde main, et souvent floues quant à savoir s’il s’agit de tatouages ou de peinture.

Ce qui est certain, c’est que les entrelacs et les spirales que l’on demande aujourd’hui n’ont pas été copiés sur la peau d’anciens Celtes. Ils viennent de l’art celtique sur métal, sur pierre et sur vélin, en grande partie réalisé bien après les guerriers dont parlait César. Cette histoire est plus intéressante que le mythe, et la connaître vous aidera à choisir un motif que vous pourrez expliquer honnêtement.

Ce que l’archéologie peut montrer, et ce qu’elle ne peut pas montrer

Les tatouages vivent dans la peau, et la peau ne survit presque jamais. Quand elle survit, on obtient parfois des preuves saisissantes. Les sépultures de Pazyryk, dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie, des tombes de l’époque scythe datées à peu près du Ve au IIIe siècle av. J.-C., ont gelé et conservé des corps couverts de tatouages animaliers élaborés. Ötzi, l’homme retrouvé dans les Alpes, montre que l’on se tatouait vers 3300 av. J.-C., avec de simples lignes et des croix. Il a vécu bien avant tous ceux que l’on qualifierait de Celtes, et il n’était pas celte.

Rien de tel n’existe pour les Celtes. Aucun corps conservé de Gaule, de Bretagne insulaire ou d’Irlande ne nous a livré un Celte clairement tatoué. Des pointes en os et en bronze apparaissent sur de nombreux sites, mais un outil pointu a des dizaines d’usages possibles : aucun ne peut être qualifié de matériel de tatouage avec certitude.

Il faut donc répondre à la question à partir des textes, et ces textes ont été écrits par des observateurs extérieurs.

Ce qu’ont écrit les auteurs romains et plus tardifs

César sur les Bretons

Dans la Guerre des Gaules (De Bello Gallico, livre 5, chapitre 14), Jules César affirme que les Bretons se colorent avec du vitrum, ce qui leur donne un aspect bleu et les rend plus effrayants au combat. La plupart des traducteurs comprennent vitrum comme la guède, la plante tinctoriale. César ne dit pas que la couleur était piquée dans la peau. Il pouvait tout aussi bien s’agir d’une peinture appliquée avant le combat. C’était aussi un général qui écrivait sur un peuple qu’il cherchait à conquérir : un peu de spectaculaire servait ses intérêts.

Notez de qui il parle : des Bretons, pas des Gaulois. César a passé des années parmi les Gaulois et ne les décrit pas ainsi.

Hérodien sur les tribus du Nord

Écrivant en grec au IIIe siècle apr. J.-C., l’historien Hérodien décrit les peuples du nord de la Bretagne lors d’une campagne romaine. Il affirme qu’ils marquent leur corps de motifs, dont des images d’animaux, et qu’ils ne portent pas de vêtements pour ne pas les couvrir. Cela ressemble davantage à un marquage permanent qu’à une peinture de guerre, et c’est l’indice classique le plus solide dont nous disposons. Cela reste un témoignage lointain, et ses détails sur le Nord ne sont pas toujours fiables.

Les Pictes et leur nom

Le nom Picti apparaît pour la première fois dans un texte romain vers 297 apr. J.-C. On le lit souvent comme le latin pour « les peints ». C’est peut-être exact, et il a peut-être commencé comme un surnom de soldats. Il peut aussi s’agir d’une version latine d’un nom indigène qui ressemblait simplement au mot latin. Les spécialistes en débattent encore : le nom seul ne prouve donc rien.

Isidore de Séville

Au VIIe siècle, Isidore de Séville, écrivant en Espagne, affirme que les Pictes ont le corps marqué à l’aiguille. C’est une description claire du tatouage. Elle arrive aussi des siècles après les faits, sous la plume de quelqu’un qui n’est jamais allé en Bretagne, dans un ouvrage qui explique souvent les peuples par le sens de leur nom. Il transmettait peut-être une vraie tradition, ou bâtissait une histoire autour du mot Picti.

La question de la guède

L’image d’un Celte bleu couvert de volutes doit beaucoup à l’histoire de la guède. La guède, ou pastel des teinturiers, donne bien une belle teinture bleue pour les tissus, mais en extraire la couleur des feuilles demande un processus de fermentation, et la teinture était faite pour les fibres, pas pour la peau. Certains chercheurs doutent même que la guède puisse servir de pigment de tatouage, et suggèrent que si les Bretons se tatouaient, ils utilisaient plus probablement de la suie ou un autre pigment à base de carbone, ce qui est le cas de la plupart des tatouages anciens que nous pouvons étudier.

C’est pourquoi beaucoup d’historiens lisent aujourd’hui les Bretons bleus de César comme peints, et les hommes du Nord marqués d’Hérodien comme peut-être tatoués. Les deux peuvent être vrais pour des groupes différents à des époques différentes.

Alors, peints, tatoués ou les deux ?

Une lecture honnête serait la suivante. Certains peuples de la Bretagne de l’âge du fer et de l’époque romaine, surtout au nord, décoraient probablement leur corps, et une partie au moins de ces décorations était peut-être permanente. Nous ne savons pas à quoi ressemblaient les motifs, au-delà de la mention d’animaux par Hérodien. Personne, dans les sources antiques, ne décrit de nœud.

Il est utile aussi de se rappeler que « les Celtes » n’ont jamais formé une seule nation. Gaulois, Bretons, Irlandais, Celtibères d’Espagne et Galates d’Anatolie parlaient des langues apparentées et partageaient certains styles artistiques, mais leurs coutumes variaient. Une preuve concernant un groupe du nord de la Bretagne ne dit presque rien des habitants de l’Irlande ou de la Gaule. Pour les premiers Irlandais, les auteurs classiques ne nous apprennent quasiment rien sur le marquage du corps.

D’où viennent vraiment les motifs de tatouage celtique modernes

Quand vous regardez aujourd’hui un tatouage celtique sur l’avant-bras de quelqu’un, vous avez presque toujours sous les yeux une version de l’une de ces sources.

L’orfèvrerie de La Tène (à partir d’environ 450 av. J.-C.). C’est l’art des Celtes de l’âge du fer eux-mêmes : vrilles courbes, spirales, tourbillons à trois bras et visages stylisés sur des boucliers, des torques, des fourreaux et des miroirs. Si vous voulez un motif aux vraies racines de l’âge du fer, c’est là qu’il faut chercher. Le tourbillon à trois bras appelé triskèle apparaît à cette période, même si le motif lui-même est plus ancien et se retrouve bien au-delà du monde celtique.

Les pierres à symboles pictes. Sculptées en Écosse à partir du VIe siècle environ, elles montrent des croissants, des doubles disques, des miroirs, des peignes et des animaux saisissants comme la fameuse bête picte. Vu la remarque d’Hérodien sur les motifs animaliers, il est tentant de relier les deux, mais ce lien reste une supposition.

Les manuscrits insulaires. Les Évangiles de Lindisfarne (vers 715) et le Livre de Kells (vers 800) sont la principale source des entrelacs denses, des motifs de clés, des spirales et des animaux noués que l’on associe à l’entrelacs celtique. L’entrelacs est entré dans l’art insulaire en partie par les traditions méditerranéenne et germanique, et les moines d’Irlande et de Grande-Bretagne en ont fait quelque chose de bien à eux. Le nœud celtique comme style de tatouage est en réalité un style de manuscrit chrétien médiéval.

Les hautes croix irlandaises (VIIIe-Xe siècles). Les croix de pierre cerclées de sites comme Monasterboice et Clonmacnoise sont sculptées de panneaux d’entrelacs, de spirales et de scènes bibliques. Elles servent de modèle à la plupart des bons tatouages de croix celtique.

Le Celtic Revival. Au XIXe siècle, des créateurs, des bijoutiers et des tailleurs de pierre irlandais et écossais ont fait revivre ces styles, en mettant des entrelacs sur des broches, des pierres tombales et des couvertures de livres. Une grande partie du « look » que l’on associe à l’héritage celtique s’est fixée à cette période.

George Bain. En 1951, l’artiste écossais George Bain a publié Celtic Art: The Methods of Construction, qui montrait comment construire des entrelacs et des motifs de clés sur des grilles. Il est devenu le manuel de travail des artistes qui voulaient dessiner des nœuds corrects, et son influence sur le flash de tatouage est difficile à surestimer. Les tatouages de nœuds celtiques ont ensuite explosé dans les années 1980 et 1990, souvent portés aux côtés du blackwork tribal, populaire à la même époque.

Rien de tout cela ne rend un tatouage d’entrelacs moins légitime. Cela signifie que la tradition que vous portez a environ 1 300 ans plutôt que 2 500, et que c’est une tradition d’artisans sur vélin et sur pierre, pas de peau de guerriers.

Les mythes à oublier

Quelques affirmations reviennent sur presque toutes les pages concurrentes, et aucune ne tient.

« Les guerriers celtes portaient des tatouages d’entrelacs au combat. » Aucune source ne le dit. L’entrelacs tel que nous le connaissons est postérieur de plusieurs siècles aux guerriers de l’âge du fer.

« Les spirales de Newgrange sont celtiques. » Les gravures de Newgrange, en Irlande, datent d’environ 3200 av. J.-C. Elles sont néolithiques, œuvre de peuples qui ont vécu des milliers d’années avant que les langues celtiques ou l’art de La Tène n’atteignent l’Irlande. Ce sont de très beaux motifs à porter, mais les dire celtiques est une erreur.

« Chaque nœud a une signification ancienne précise. » Les artistes médiévaux n’ont laissé aucun glossaire. La plupart des significations attachées à des nœuds particuliers, comme « l’amour éternel » ou « la force du guerrier », sont des lectures modernes, certaines sensées, d’autres inventées pour le marketing.

« Le Claddagh, le nœud de Dara et le nœud de la maternité sont des symboles celtiques anciens. » La bague de Claddagh est un motif du XVIIe siècle originaire de Galway. Le nœud de Dara et le nœud de la maternité sont des motifs modernes dessinés dans un style celtique. Ils peuvent compter énormément pour vous, mais ils ne sont pas anciens.

Ce que cela signifie si vous en voulez un

Vous n’avez pas besoin d’un précédent antique pour porter de l’art celtique. Vous avez besoin d’un motif bien dessiné et décrit avec honnêteté. Si vous voulez un lien avec l’âge du fer, regardez les courbes de La Tène ou les animaux pictes. Si vous voulez un entrelacs classique, regardez les manuscrits et les hautes croix. Si l’idée des Bretons bleus vous séduit, nos modèles bleu guède utilisent cette couleur comme un clin d’œil à la description de César, avec une encre de tatouage moderne.

Avant de vous engager, lisez notre guide des tatouages celtiques à éviter, qui traite des nœuds cassés, des fausses significations et des symboles détournés. Quand vous serez prêt à commencer votre propre pièce, comment créer un tatouage celtique vous guide dans le choix d’un symbole, d’un style et d’un tatoueur capable de dessiner un vrai entrelacs.

Les questions qu'on nous pose

Les guerriers celtes avaient-ils des tatouages d'entrelacs ?

Rien ne le prouve. Les nœuds entrelacés que l'on appelle aujourd'hui tatouages celtiques viennent des manuscrits médiévaux et des croix de pierre, réalisés des siècles après les guerriers de l'âge du fer décrits par les auteurs romains.

Les Pictes étaient-ils tatoués ?

Certains auteurs antiques le pensaient. Hérodien décrit des Bretons du Nord marqués de motifs animaliers, et Isidore de Séville affirme plus tard que les Pictes étaient marqués à l'aiguille, mais tous deux écrivaient de loin, et aucune peau picte n'a survécu pour le confirmer.

La guède est-elle une encre de tatouage ?

Pas de manière prouvée. Le mot vitrum employé par César est généralement traduit par guède, mais il pouvait désigner une peinture corporelle, et certains chercheurs doutent même que la guède puisse servir de pigment de tatouage.

Qu'est-ce qu'un tatouage celtique traditionnel ?

Il n'existe aucune tradition de tatouage celte documentée à copier. En pratique, un tatouage celtique traditionnel désigne un motif tiré de l'art celtique historique réel, comme l'orfèvrerie de La Tène, les pierres pictes, les hautes croix ou des manuscrits comme le Livre de Kells.